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🕊️ La Fin de l'Apartheid

Mandela Libre, l'Afrique du Sud Arc-en-Ciel : La Fin Pacifique du Régime de la Ségrégation Raciale

Le 11 février 1990, un homme de soixante et onze ans franchit les portes de la prison de Victor Verster, près du Cap. Cela faisait vingt-sept ans qu'il était enfermé. Dix-huit de ces années, il les avait passées à Robben Island, l'île-bagne où les prisonniers politiques noirs cassaient des cailloux sous un soleil de plomb. Cet homme s'appelait Nelson Mandela. Sa libération, retransmise en direct dans le monde entier, marqua le début de la fin d'un régime que la planète entière condamnait : l'Apartheid, le système de ségrégation raciale institutionnalisée qui, depuis 1948, faisait de l'Afrique du Sud une poudrière. En quatre ans, Mandela et le président blanc Frederik Willem De Klerk allaient démanteler pacifiquement l'Apartheid, négocier une transition démocratique, et recevoir ensemble le Prix Nobel de la Paix. Le 27 avril 1994, vingt millions de Sud-Africains noirs votaient pour la première fois. Nelson Mandela devenait le premier président noir de l'Afrique du Sud. L'Apartheid était mort — et le monde avait retenu son souffle devant ce miracle.

L'Apartheid en bref : Institué en 1948 par le Parti National, l'Apartheid (« séparation » en afrikaans) classifiait la population sud-africaine en quatre catégories raciales : Blancs, Noirs, Coloureds (métis) et Indiens. Il interdisait les mariages mixtes, cantonnait les Noirs dans des townships et des bantoustans, et leur refusait tout droit politique. La minorité blanche (13% de la population) possédait 87% des terres et tous les pouvoirs. La résistance, menée par l'ANC (African National Congress), fut réprimée dans le sang.

🔓 La Libération de Mandela

Frederik De Klerk, président depuis 1989, était un conservateur pragmatique. Il comprit que l'Apartheid ne pouvait plus durer : les sanctions économiques internationales étranglaient le pays, la guérilla de l'ANC gagnait du terrain, et la communauté internationale exigeait des réformes. Le 2 février 1990, il annonça au Parlement la libération de Nelson Mandela et la légalisation de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. Neuf jours plus tard, Mandela sortait de prison. « Je me tenais debout, et je sentais le poids des années s'envoler », écrira-t-il plus tard. Il appela immédiatement à la réconciliation nationale, non à la vengeance.

🤝 Les Négociations

De 1991 à 1994, Mandela et De Klerk menèrent des négociations extrêmement tendues pour une transition pacifique. La Convention pour une Afrique du Sud Démocratique (CODESA) réunit le gouvernement, l'ANC, les partis noirs et les partis blancs. Mais la violence ne cessa pas immédiatement : l'extrême droite blanche et les radicaux noirs tentèrent de faire dérailler le processus. En 1993, Chris Hani, chef du parti communiste et héros de la jeunesse noire, fut assassiné par un extrémiste blanc. Mandela, à la télévision, appela au calme : « C'est un homme blanc qui a tué Chris Hani. Mais c'est une femme blanche qui a donné son nom à la police. » La réconciliation tenait à un fil. Elle tint.

Le Prix Nobel de la Paix 1993

En décembre 1993, Nelson Mandela et Frederik De Klerk reçurent conjointement le Prix Nobel de la Paix. La photo des deux hommes se serrant la main fit le tour du monde. L'ancien prisonnier politique et le dernier président de l'Apartheid, côte à côte, unis par la même distinction — le symbole parfait de la réconciliation sud-africaine.

🗳️ Les Élections de 1994

Le 27 avril 1994, vingt millions de Sud-Africains noirs votèrent pour la première fois. Des files d'attente longues de plusieurs kilomètres se formèrent devant les bureaux de vote. L'ANC remporta 62,6% des suffrages. Le 10 mai 1994, Nelson Mandela prêta serment comme premier président noir de l'Afrique du Sud. « Jamais, jamais plus ce beau pays ne connaîtra l'oppression de l'un par l'autre », déclara-t-il lors de son investiture.

« J'ai combattu la domination blanche et j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre. Mais si nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

— Nelson Mandela, procès de Rivonia, 1964
27 ans
Mandela en prison
1990
Libération
1993
Nobel de la Paix
1994
Élections libres

La Commission Vérité et Réconciliation : Présidée par Mgr Desmond Tutu, la Commission Vérité et Réconciliation (1996-1998) permit aux victimes de l'Apartheid de témoigner et aux bourreaux d'avouer leurs crimes en échange d'une amnistie. Ce processus, imparfait mais unique au monde, permit à l'Afrique du Sud de tourner la page sans guerre civile.

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