Pendant quarante ans, il fut un fantôme. Un fantôme avec un badge. Joseph James DeAngelo Jr., ancien officier de police, a terrorisé la Californie entre 1974 et 1986 sous trois identités criminelles successives : le "Rôdeur de Visalia" (Visalia Ransacker), le "Violeur de la Zone Est" (East Area Rapist), et finalement le "Tueur de l'État Doré" (Golden State Killer). Il a violé plus de cinquante femmes, assassiné treize personnes, cambriolé plus de cent vingt maisons. Puis il s'est arrêté. A disparu. A vieilli tranquillement dans une banlieue de Sacramento, élevant ses filles, jardinant, réparant sa moto. Pendant trente-deux ans, personne n'a su. Jusqu'à ce qu'un brin d'ADN et un site de généalogie ne le trahissent.
Résumé : Joseph James DeAngelo Jr. (né le 8 novembre 1945) a servi dans la marine américaine pendant la guerre du Vietnam, puis est devenu policier à Exeter et Auburn, Californie. Entre 1974 et 1986, il a commis des dizaines de viols et 13 meurtres. Il a échappé à la capture pendant 40 ans. En 2018, la police a utilisé la généalogie génétique (GEDmatch) pour l'identifier à partir de l'ADN retrouvé sur les scènes de crime. Arrêté le 24 avril 2018, il a plaidé coupable en 2020 et a été condamné à 11 peines de prison à vie sans possibilité de libération.
🧬 La Révolution de la Généalogie Génétique
En 2017, l'enquêtrice Paul Holes, qui traquait le Golden State Killer depuis des décennies, contacta la généalogiste génétique Barbara Rae-Venter. L'idée était audacieuse : télécharger le profil ADN du tueur — extrait d'un viol en 1980 — sur GEDmatch, une base de données généalogique publique où les gens partagent volontairement leur ADN pour retrouver des cousins éloignés. Aucun suspect n'avait jamais été identifié de cette manière. En quelques semaines, Rae-Venter trouva une correspondance partielle : des cousins éloignés du tueur. Elle construisit un arbre généalogique gigantesque, remontant jusqu'à un ancêtre commun né en 1807. Puis elle redescendit, branche par branche, jusqu'à un homme : Joseph DeAngelo, 72 ans, vivant à Citrus Heights, Californie. La police le fila. Récupéra un échantillon d'ADN sur la poignée de sa voiture. Le 24 avril 2018, le match était confirmé. Le fantôme avait un nom.
⛓️ L'Arrestation et les Aveux
Le matin du 24 avril 2018, la police encercla la maison de DeAngelo. Quand ils frappèrent à la porte, il sortit, l'air confus. "Qu'est-ce qui se passe ?" demanda-t-il. "Nous savons ce que vous avez fait", répondit un enquêteur. DeAngelo baissa la tête. Il ne résista pas. Dans les jours suivants, il avoua tout — 13 meurtres, des dizaines de viols, plus de 120 cambriolages. En juin 2020, dans une salle d'audience bondée, il fit une déclaration de culpabilité pour chacun de ses crimes. Assis dans un fauteuil roulant — qu'il n'utilisait pas dans sa cellule, ont noté les gardiens — il parlait d'une voix faible, feignant la sénilité. Mais ses yeux, selon les survivants présents, étaient vifs. Calculateurs. Les mêmes yeux qu'ils avaient vus dans leur chambre, quarante ans plus tôt.
"Il nous a terrorisés pendant des années. Et maintenant, il est assis là, à jouer au vieillard fragile. Mais nous savons qui il est vraiment."