Le 2 août 1990, à 2h00 du matin, 100 000 soldats irakiens franchirent la frontière du Koweït. En 48 heures, le petit émirat pétrolier était envahi et annexé par Saddam Hussein, qui déclara le Koweït « 19e province de l'Irak ». Le monde retint son souffle. Le président américain George H.W. Bush constitua la plus grande coalition militaire internationale depuis la Seconde Guerre mondiale : 35 nations, 950 000 soldats. Après 5 mois d'ultimatums et de déploiement (« Bouclier du Désert »), l'opération « Tempête du Désert » fut lancée le 17 janvier 1991. Pendant 42 jours, l'aviation de la coalition pilonna l'Irak. Le 24 février, l'offensive terrestre balaya l'armée irakienne en 100 heures. Le Koweït fut libéré. Saddam Hussein resta au pouvoir — une décision controversée — mais l'armée irakienne était détruite. La Guerre du Golfe fut la première guerre télévisée en direct (CNN), inaugurant l'ère des frappes de précision et de la domination militaire américaine post-Guerre Froide.
Résumé de la guerre : Le 2 août 1990, l'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït. L'ONU impose des sanctions et un ultimatum (résolution 678). La coalition internationale (35 nations dirigées par les États-Unis) lance l'opération « Tempête du Désert » le 17 janvier 1991 : campagne aérienne de 42 jours (100 000 sorties). Offensive terrestre le 24 février : en 100 heures, l'armée irakienne est écrasée et le Koweït libéré (28 février 1991). Saddam capitule mais reste au pouvoir. Pertes : ~25 000 à 50 000 soldats irakiens tués, ~300 soldats de la coalition. La guerre laisse Saddam affaibli mais toujours menaçant — menant à l'invasion de 2003.
🛢️ Pourquoi le Koweït ? Dettes, Pétrole et Ambition
Après la guerre Iran-Irak (1980-1988) — qui fit un million de morts — l'Irak était exsangue financièrement. Saddam Hussein devait 80 milliards de dollars aux pays du Golfe, dont 14 milliards au Koweït. Il accusa le Koweït de voler le pétrole irakien par forage diagonal à la frontière, et de dépasser les quotas de l'OPEP, maintenant les prix du pétrole bas au moment où l'Irak avait besoin de revenus. Mais la vraie raison était géopolitique : Saddam rêvait de devenir le leader du monde arabe. L'annexion du Koweït — avec ses immenses réserves pétrolières — aurait fait de l'Irak la première puissance pétrolière mondiale, contrôlant 20% des réserves connues. Saddam consulta l'ambassadrice américaine April Glaspie en juillet 1990, qui déclara que les États-Unis n'avaient « pas d'opinion sur les conflits frontaliers arabes ». Saddam interpréta cela comme un feu vert. Il se trompait lourdement.
« Cela ne sera pas toléré. Cela ne peut pas continuer. »
🛡️ Bouclier du Désert : Le Déploiement (Août 1990 – Janvier 1991)
La réponse américaine fut immédiate. Le 7 août, les premiers F-15 atterrissaient en Arabie Saoudite. L'opération « Bouclier du Désert » consista à déployer une force massive pour protéger l'Arabie Saoudite contre une éventuelle invasion irakienne (les troupes de Saddam étaient à la frontière). En 5 mois, 500 000 soldats américains, 2 000 chars, 1 800 avions de combat, et 6 groupes aéronavals furent déployés — le plus grand pont aérien et maritime depuis la Seconde Guerre mondiale. La coalition incluait la France (Opération Daguet), le Royaume-Uni (Opération Granby), l'Égypte, la Syrie (Hafez el-Assad rejoignit la coalition contre Saddam, son rival baasiste), l'Arabie Saoudite, le Pakistan, et même la Tchécoslovaquie. L'ONU vota la résolution 678 le 29 novembre 1990 : ultimatum à l'Irak pour quitter le Koweït avant le 15 janvier 1991. Saddam refusa.
✈️ Tempête du Désert : La Campagne Aérienne (17 Janvier – 24 Février)
Le 17 janvier 1991 à 2h38 du matin (heure de Bagdad), les premiers missiles Tomahawk et les bombardiers furtifs F-117 frappèrent Bagdad. La campagne aérienne « Tempête du Désert » dura 42 jours. Plus de 100 000 sorties aériennes furent menées. Les cibles : centres de commandement, ponts, usines d'armement, aérodromes, défenses anti-aériennes. La supériorité aérienne fut totale en 72 heures. Les images de CNN montrèrent au monde entier les frappes nocturnes sur Bagdad — une guerre filmée en direct, une première dans l'histoire. La réponse irakienne fut limitée : des missiles Scud tirés sur Israël et l'Arabie Saoudite (39 sur Israël, dont certains avec des ogives conventionnelles). Saddam espérait entraîner Israël dans la guerre et briser la coalition arabe. Sous la pression américaine, Israël — malgré les Scud tombant sur Tel-Aviv — ne riposta pas. La coalition tint bon.
La Route de la Mort (Highway of Death)
« Dans la nuit du 26 au 27 février 1991, les forces irakiennes en retraite du Koweït furent prises au piège sur la route 80 menant à Bassorah. L'aviation américaine détruisit des centaines de véhicules — chars, camions, voitures civiles volées au Koweït — sur des kilomètres. Les images de la 'Highway of Death' — carcasses calcinées à perte de vue — choquèrent le monde entier et contribuèrent à la décision d'arrêter l'offensive terrestre après 100 heures. Cette route symbolisa à la fois l'écrasante supériorité militaire américaine et l'horreur de la guerre moderne. »
⚔️ 100 Heures : L'Offensive Terrestre (24–28 Février)
Le 24 février 1991 à 4h00 du matin, l'offensive terrestre fut déclenchée. Le général Norman Schwarzkopf, commandant en chef de la coalition, exécuta un plan classique de manœuvre enveloppante : pendant que les Marines attaquaient de front au Koweït, le VIIe Corps américain et les divisions blindées britanniques et françaises contournèrent les défenses irakiennes par l'ouest — un « crochet gauche » dans le désert irakien. L'armée irakienne — 500 000 hommes retranchés — s'effondra. Des divisions entières se rendirent sans combattre. La Garde Républicaine (l'élite de Saddam) fut pilonnée par l'aviation et encerclée. En 100 heures, le Koweït était libéré et 3 000 chars irakiens détruits. Le 28 février, le président Bush annonça un cessez-le-feu unilatéral. La guerre terrestre avait duré 4 jours.
🤔 Pourquoi Saddam est-il Resté au Pouvoir ?
La décision d'arrêter l'offensive sans marcher sur Bagdad fut très débattue. Bush et ses conseillers estimèrent que renverser Saddam irait au-delà du mandat de l'ONU (libérer le Koweït), risquerait d'enliser les États-Unis dans un bourbier irakien, et briserait la coalition (les pays arabes n'auraient pas soutenu l'occupation de l'Irak). On espérait que Saddam serait renversé par une rébellion interne. Effectivement, en mars 1991, les chiites du Sud et les Kurdes du Nord se soulevèrent contre Saddam. Mais la coalition n'intervint pas, et Saddam — utilisant les hélicoptères qu'il avait été autorisé à conserver — écrasa les rébellions dans le sang. La « zone d'exclusion aérienne » protégea les Kurdes au Nord (menant à une autonomie de facto), mais les chiites furent massacrés. Saddam resta au pouvoir 12 ans de plus — jusqu'à l'invasion américaine de 2003.