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👑 La Reine de Saba (Bilqis)

La Souveraine Mystérieuse qui Traversa le Désert pour Rencontrer Salomon et se Convertit au Dieu Unique

Elle apparaît dans la Bible, le Coran, les légendes éthiopiennes et le folklore yéménite. Elle est reine, riche à foison, d'une beauté légendaire — mais aussi, selon certaines traditions, un démon aux pieds de chèvre, une djinnia, une souveraine païenne adoratrice du soleil. Elle règne sur le pays de Saba, au sud de l'Arabie (l'actuel Yémen), un royaume fabuleusement prospère grâce au commerce de l'encens, de la myrrhe et des épices. Ayant entendu parler de la sagesse prodigieuse du roi Salomon, elle décide de le rencontrer et de le mettre à l'épreuve par des énigmes. Elle traverse le désert d'Arabie avec une caravane de chameaux chargés d'or, de pierres précieuses et de parfums — des trésors dignes d'un roi. Mais ce qu'elle découvre à Jérusalem dépasse tout ce qu'elle avait imaginé. Le palais de Salomon, ses trônes, ses bassins, ses armées d'hommes, de djinns et d'oiseaux, et surtout sa sagesse, la convainquent d'abandonner le culte du soleil pour embrasser le Dieu Unique d'Israël. Son nom — Bilqis en arabe, Makeda en éthiopien, Reine de Saba dans la Bible — reste nimbé de mystère. A-t-elle existé ? Où se trouvait exactement son royaume ? A-t-elle épousé Salomon ? Leur fils Ménélik a-t-il emporté l'Arche d'Alliance en Éthiopie ? Ces questions continuent de fasciner historiens, archéologues et croyants.

La Reine de Saba dans les trois traditions : Dans la Bible (1 Rois 10, 1-13), elle est une reine anonyme venue « avec une très grande suite, des chameaux portant des aromates, de l'or en grande quantité et des pierres précieuses ». Elle teste Salomon par des énigmes, admire sa sagesse et sa richesse, et repart comblée de présents. Dans le Coran (Sourate An-Naml, 20-44), elle n'est pas nommée (la tradition l'appelle Bilqis), mais son histoire est racontée en détail : la huppe qui annonce son royaume à Salomon, la lettre envoyée, le trône transporté miraculeusement, sa conversion. Dans le Kebra Nagast éthiopien, elle est Makeda, reine d'Éthiopie, qui rencontre Salomon, s'unit à lui, et donne naissance à Ménélik Ier, fondateur de la dynastie salomonienne d'Éthiopie qui régna jusqu'en 1974.

🏛️ Le Royaume de Saba : Mythe ou Réalité ?

Le pays de Saba (Sheba en hébreu, Saba' en arabe) a-t-il vraiment existé ? Les archéologues ont répondu : oui, et de manière spectaculaire. Le royaume de Saba était une civilisation florissante du Yémen antique, centrée sur la cité de Marib, célèbre pour son immense barrage (le barrage de Marib, construit au VIIIe siècle av. J.-C., l'une des merveilles de l'ingénierie antique). Les Sabéens contrôlaient la route de l'encens, qui acheminait les précieuses résines aromatiques du sud de l'Arabie vers la Méditerranée. Leur richesse était proverbiale. Des inscriptions en alphabet sud-arabique (alphabet sabéen) ont été découvertes, mentionnant des reines et des prêtresses. Mais aucune n'a encore été identifiée avec certitude comme la « Reine de Saba » biblique. Le royaume de Saba atteignit son apogée entre le VIIIe et le Ve siècle av. J.-C. — après l'époque supposée de Salomon (Xe siècle av. J.-C.). Faut-il en conclure que la reine de Saba est une figure légendaire ? Pas nécessairement : il pourrait s'agir d'une reine antérieure, ou d'une souveraine d'un autre royaume arabe pré-sabéen. Certains chercheurs suggèrent que « Saba » ne désigne pas le Yémen, mais un royaume situé en Arabie du Nord, ou même en Éthiopie.

🐦 La Huppe et la Lettre de Salomon (Version Coranique)

Le Coran offre le récit le plus détaillé de la rencontre entre Salomon et la reine de Saba. Tout commence par l'absence remarquée de la huppe (hudhud) lors d'une revue des oiseaux. Quand elle revient, elle apporte une nouvelle stupéfiante : « J'ai découvert une chose que tu ne connais pas. Je viens de Saba avec une information certaine. J'ai trouvé une femme qui règne sur eux, elle possède toutes choses, et elle a un trône magnifique. Je l'ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu de Dieu. » (Sourate An-Naml, 22-24). Salomon envoie alors une lettre à la reine : « De Salomon, au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux. Ne vous élevez pas contre moi et venez à moi, soumis. » La reine, prudente, consulte ses conseillers, qui lui proposent la guerre. Mais elle refuse : « Quand les rois entrent dans une ville, ils la corrompent et humilient ses habitants les plus nobles. » Elle décide d'envoyer des présents à Salomon. Mais Salomon les refuse avec dédain : « Vous m'offrez des richesses ? Ce que Dieu m'a donné est bien meilleur que ce qu'Il vous a donné. » Il ordonne alors qu'on lui apporte le trône de la reine avant même son arrivée — et le trône apparaît, transporté miraculeusement en un clin d'œil.

Le Pavillon de Cristal et les Jambes Dévoilées

Quand la reine arrive au palais de Salomon, on lui dit d'entrer dans une cour. Elle croit voir une étendue d'eau profonde et retrousse sa robe pour ne pas la mouiller, dévoilant ses jambes (ou ses pieds). Salomon lui dit : « Ce n'est qu'un pavillon de cristal poli. » Selon la tradition, la reine avait les jambes couvertes de poils (ou des pieds d'âne ou de chèvre), signe de son origine démoniaque. Salomon fit venir des esthéticiennes (ou des djinns) qui la débarrassèrent de ces poils, la rendant « humaine » et prête à l'épouser. Ce détail étrange semble provenir de légendes juives et arabes préislamiques qui voyaient dans la reine de Saba un être surnaturel — une djinnia, fille d'un démon et d'une humaine.

🇪🇹 La Reine de Saba et l'Éthiopie : Le Kebra Nagast

Pour les Éthiopiens, l'histoire de la reine de Saba est au cœur de leur identité nationale et religieuse. Le Kebra Nagast (« La Gloire des Rois »), texte fondateur éthiopien compilé au XIIIe-XIVe siècle, raconte que la reine Makeda régnait sur l'Éthiopie et le Yémen. Elle se rendit à Jérusalem pour rencontrer Salomon, fut éblouie par sa sagesse, et accepta le Dieu d'Israël. Avant son départ, Salomon, désirant ardemment cette reine, usa d'une ruse pour la séduire. Il lui fit promettre de ne rien prendre de sa maison sans permission. Puis il ordonna qu'on serve un repas très épicé et très salé. La nuit, la reine se leva pour boire de l'eau, et Salomon l'accusa d'avoir rompu sa promesse. Il passa la nuit avec elle. De cette union naquit Ménélik Ier, qui devint le premier empereur de la dynastie salomonienne d'Éthiopie. Selon la tradition éthiopienne, Ménélik, devenu adulte, se rendit à Jérusalem pour rencontrer son père Salomon. À son retour, il emporta secrètement l'Arche d'Alliance, qui se trouve aujourd'hui à Axoum, dans l'église Sainte-Marie-de-Sion, gardée par un moine vierge. Cette tradition fait de l'Éthiopie la véritable héritière de l'Alliance et la nouvelle Sion.

« J'ai trouvé une femme qui règne sur eux, elle possède toutes choses, et elle a un trône magnifique. Je l'ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu de Dieu. »

— La huppe à Salomon, Le Coran, Sourate An-Naml, versets 23-24

🔍 La Reine de Saba a-t-elle Vraiment Rencontré Salomon ?

La question divise les historiens. Aucune inscription sabéenne ne mentionne une reine ayant voyagé à Jérusalem. Le royaume de Saba, à l'époque supposée de Salomon (Xe siècle av. J.-C.), n'était probablement pas encore la puissance commerciale qu'il deviendra plus tard. Certains chercheurs pensent que le récit biblique est une « rétroprojection » — une histoire écrite à l'époque du royaume de Juda (VIIe-VIe siècle av. J.-C.) pour glorifier le souvenir de Salomon en utilisant la figure d'une reine arabe dont la réputation était parvenue jusqu'à Jérusalem. D'autres suggèrent qu'il ne s'agit pas du Yémen, mais d'un royaume arabe du nord (comme le royaume de Tayma ou de Dedan) plus proche d'Israël. D'autres encore pensent que la reine de Saba est une figure composite, mêlant plusieurs reines historiques ayant régné sur des royaumes arabes à différentes époques. Quoi qu'il en soit, la puissance symbolique de cette rencontre — l'Orient et l'Occident, le Nord et le Sud, le Dieu d'Israël et les divinités païennes, l'homme et la femme, le roi et la reine — est immense, et elle continue de résonner à travers les textes sacrés et les légendes populaires.

3
Traditions religieuses
Xe siècle av.
Époque supposée
Marib
Capitale de Saba (Yémen)
Axoum
Arche d'Alliance ? (Éthiopie)

📜 Postérité : La Reine de Légende

La reine de Saba a traversé les siècles comme un mythe universel. Elle apparaît dans l'art chrétien médiéval (la « Reine de Saba » des cathédrales), dans la poésie yéménite, dans les miniatures persanes, dans le folklore éthiopien. Elle est devenue un symbole de la sagesse féminine, de la quête spirituelle, de la rencontre entre les cultures et les religions. Son nom arabe, Bilqis, est aujourd'hui porté par des femmes dans tout le monde musulman. Son histoire continue d'être racontée, commentée, réinterprétée — et le mystère de son existence historique reste entier. Peut-être est-ce justement ce mystère qui fait sa force : la reine de Saba n'a pas besoin d'être prouvée pour être vraie. Elle est vraie comme un symbole, vraie comme une légende, vraie comme l'incarnation d'une quête qui dépasse les siècles — une femme puissante qui abandonne son royaume, ses dieux, ses certitudes, pour traverser le désert et chercher la sagesse.

Le trésor de la reine de Saba : En 2022, une équipe d'archéologues britanniques a découvert au Yémen un temple sabéen contenant des inscriptions dédiées à la déesse solaire Shams — la divinité que la reine de Saba adorait avant sa conversion selon le Coran. Le site, daté du VIIIe siècle av. J.-C., confirme l'importance du culte solaire dans le royaume de Saba. Aucune trace du trésor légendaire de la reine n'a été retrouvée, mais les archéologues ne désespèrent pas : le désert yéménite n'a pas encore livré tous ses secrets.

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