À l'été 2004, personne ne donnait la moindre chance à la Grèce. Avant le tournoi, les bookmakers affichaient sa cote entre 80 contre 1 et 150 contre 1. La sélection hellène n'avait jamais gagné un seul match en phase finale d'une grande compétition. Son entraîneur, l'Allemand Otto Rehhagel, un vétéran de 65 ans, faisait figure de dinosaure. Un mois plus tard, contre toute logique, contre toute attente, la Grèce soulevait le trophée Henri Delaunay au ciel de Lisbonne, après avoir battu le Portugal (pays hôte) à deux reprises, la France (tenante du titre) et la République tchèque. Ce fut le plus grand upset de l'histoire du football international.
🧠 Otto Rehhagel : L'Architecte du Miracle
Otto Rehhagel imposa une discipline de fer. Son système ? Un 4-4-2 ultra-défensif, un marquage individuel strict, et des contres éclairs. Chaque joueur savait exactement ce qu'il devait faire. L'attaquant Angelos Charisteas marqua trois buts décisifs, tous de la tête. Le capitaine Theodoros Zagorakis, milieu infatigable, fut élu meilleur joueur du tournoi. Le gardien Antonios Nikopolidis fut impassable. Rehhagel déclara : « Nous n'avions pas de stars, mais nous avions une équipe. »
🏆 La Finale : Le Drame de Lisbonne
Le 4 juillet 2004, au stade de la Luz à Lisbonne, le Portugal de Luis Figo, Cristiano Ronaldo et Deco affrontait la Grèce. Le pays hôte, déjà battu en ouverture, voulait sa revanche. Mais à la 57e minute, sur un corner, Charisteas s'éleva plus haut que tout le monde et marqua de la tête. 1-0. Le Portugal attaqua sans relâche, mais la défense grecque, héroïque, tint bon. Au coup de sifflet final, le stade, acquis au Portugal, était en larmes. La Grèce était championne d'Europe.