Le 16 novembre 1957, la police du comté de Waushara, Wisconsin, pénétra dans la ferme isolée d'Edward Theodore Gein. Bernice Worden, une commerçante locale de 58 ans, avait disparu. Les enquêteurs espéraient trouver un indice. Ils trouvèrent l'enfer. Dans la remise, le corps de Bernice Worden pendait par les chevilles, éviscéré comme un cerf, décapité. Mais c'est à l'intérieur de la maison que le véritable cauchemar commençait. Des bols fabriqués avec des crânes humains. Des abat-jour en peau humaine. Des chaises recouvertes de cuir... humain. Une ceinture en mamelons de femme. Un masque facial taillé dans la peau d'un visage authentique. Et un "costume" complet en peau humaine qu'Ed Gein portait la nuit, dansant sous la lune du Wisconsin, croyant devenir sa mère décédée.
Résumé : Edward Theodore Gein (27 août 1906 - 26 juillet 1984) n'a assassiné "que" deux femmes : Mary Hogan (1954) et Bernice Worden (1957). Mais il a exhumé et profané au moins 40 corps dans les cimetières locaux. Il conservait leurs restes — peau, os, organes — et fabriquait des objets ménagers avec. Déclaré pénalement irresponsable, il passa le reste de sa vie en institution psychiatrique. Son histoire inspira Norman Bates (Psychose), Leatherface (Massacre à la Tronçonneuse) et Buffalo Bill (Le Silence des Agneaux).
👩👦 La Mère : Augusta Gein
Pour comprendre Ed Gein, il faut comprendre Augusta Gein, sa mère. Augusta était une fanatique religieuse, une femme dominatrice qui enseigna à ses deux fils, Ed et Henry, que toutes les femmes (à part elle) étaient des créatures du diable, des prostituées, des instruments de corruption. Elle les isolait du monde. Elle les battait s'ils tentaient de se faire des amis. Quand Henry mourut en 1944 dans un incendie suspect — Ed était le seul témoin — Augusta resta le seul être humain dans la vie d'Ed. Quand elle mourut à son tour en 1945, Ed sombra. Il cloua sa chambre, la transformant en sanctuaire, et vécut dans le reste de la maison, entouré de ses "créations" : les restes de femmes qu'il exhumait des cimetières. Il voulait "recréer" sa mère. Le costume en peau humaine était son aboutissement : en le portant, Ed devenait Augusta.
🎬 L'Héritage Cinématographique
Ed Gein a tué deux femmes. C'est peu, comparé aux Dahmer ou Bundy. Mais son impact sur la culture populaire est sans égal. Robert Bloch lut l'histoire de Gein dans un journal en 1957 et écrivit "Psychose" (1959). Alfred Hitchcock en fit le film culte en 1960 : Norman Bates, l'homme-enfant qui conserve la momie de sa mère et tue des femmes sous son emprise. Tobe Hooper s'inspira de Gein pour "Massacre à la Tronçonneuse" (1974) : Leatherface, le boucher à la peau humaine. Et Thomas Harris créa Buffalo Bill dans "Le Silence des Agneaux" (1988), adapté au cinéma en 1991 : le tueur qui veut se faire un costume en peau de femme. Trois chefs-d'œuvre. Une seule source d'inspiration : le petit fermier solitaire de Plainfield.
"Je ne me souviens pas avoir tué Mme Worden. Parfois, je ne sais pas ce que je fais. C'est comme si quelqu'un d'autre prenait le contrôle."