John Wayne Gacy était un citoyen modèle de Chicago. Entrepreneur prospère dans la construction, il employait des dizaines d'ouvriers. Membre actif du Parti démocrate local, il avait serré la main de la Première Dame Rosalynn Carter. Père de deux enfants, mari fidèle en apparence, il organisait des barbecues de quartier où tous les voisins étaient invités. Et il adorait les enfants. Littéralement. Il se déguisait en clown — "Pogo le Clown" ou "Patches le Clown" — pour animer bénévolement les fêtes d'anniversaire, les hôpitaux pour enfants, les galas de charité. Les gamins riaient, les parents le remerciaient. Nul ne savait que sous les pieds de Gacy, dans le vide sanitaire de sa maison du 8213 West Summerdale Avenue, vingt-neuf corps de jeunes hommes pourrissaient lentement dans la terre humide de l'Illinois.
Résumé : John Wayne Gacy (17 mars 1942 - 10 mai 1994) a violé, torturé et assassiné 33 jeunes hommes et adolescents entre 1972 et 1978 à Chicago. Vingt-neuf corps ont été retrouvés enterrés sous sa maison — 26 dans le vide sanitaire, 3 dans la cave. Quatre autres corps avaient été jetés dans la rivière Des Plaines. Condamné à mort en 1980, il est exécuté par injection létale le 10 mai 1994. Cinq de ses victimes n'ont jamais été identifiées.
🕳️ La Cave de l'Horreur
Gacy attirait ses victimes — souvent des adolescents en fugue ou de jeunes employés de sa compagnie de construction — avec des promesses d'argent ou de travail. Une fois chez lui, il les enchaînait, les torturait pendant des heures, les violait, puis les étranglait avec une corde ou une planche de bois — son "tour de magie" favori consistait à faire croire à ses victimes qu'il allait leur montrer un tour avec des menottes, pour mieux les immobiliser. Les corps étaient enterrés dans le vide sanitaire, recouverts de chaux vive pour accélérer la décomposition. Quand l'odeur devenait trop forte, Gacy versait du béton sur les tombes. Quand le vide sanitaire fut plein, il jeta les derniers corps dans la rivière Des Plaines.
🕵️ L'Enquête et la Découverte
En décembre 1978, Robert Piest, 15 ans, disparaît après avoir dit à sa mère qu'il allait rencontrer un entrepreneur pour un emploi d'été. L'entrepreneur en question était John Wayne Gacy. La police, cette fois, ne lâche pas l'affaire. En perquisitionnant la maison de Gacy le 21 décembre, les enquêteurs remarquent une odeur étrange. Ils descendent dans le vide sanitaire. Ce qu'ils découvrent dépasse l'entendement : des os humains, des crânes, des restes décomposés. Vingt-neuf corps seront exhumés. Quatre autres seront repêchés dans la rivière.
Gacy avoue tout, sans émotion. Il décrit ses crimes avec une précision glaciale, comme s'il racontait une journée de travail ordinaire. "J'étais juge, jury et bourreau", dira-t-il. Condamné à mort en 1980, il passe quatorze ans dans le couloir de la mort, où il se met à peindre — des clowns, bien sûr, et des autoportraits en Pogo. Ses toiles se vendent aujourd'hui à prix d'or chez les collectionneurs d'objets macabres. Le 10 mai 1994, Gacy est exécuté par injection létale. Ses derniers mots, adressés à ses gardiens : "Kiss my ass."
"Un clown peut s'en tirer avec n'importe quoi. Les gens pensent que c'est drôle. Ils ne regardent jamais sous le maquillage."
🔍 Les Victimes Sans Nom
Sur les 33 victimes de Gacy, 28 ont été identifiées grâce aux dossiers dentaires et aux ADN familiaux. Cinq jeunes hommes restent sans nom à ce jour. En 2011, le shérif du comté de Cook a relancé l'enquête pour tenter d'identifier les dernières victimes inconnues, en utilisant les techniques modernes de généalogie génétique. En 2021, l'une d'elles — le "garçon n°19" — a été identifiée comme étant William Bundy (aucun lien avec Ted Bundy). En 2023, Francis Wayne Alexander a été identifié comme une autre victime. Trois noms manquent encore à l'appel. Peut-être sont-ils encore quelque part, dans une base de données, attendant qu'un parent éloigné fournisse un échantillon ADN.