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🇪🇹 La Guerre Italo-Éthiopienne 1935–1936

L'Invasion Fasciste de l'Abyssinie

Le 3 octobre 1935, sans déclaration de guerre, les armées de l'Italie fasciste de Benito Mussolini envahirent l'Éthiopie — l'un des seuls pays africains encore indépendants. Ce fut une guerre coloniale d'une cruauté inouïe. Les Italiens, équipés d'avions, de chars d'assaut et de gaz toxiques, écrasèrent une armée éthiopienne largement composée de lanciers à pied. Mussolini ordonna l'utilisation massive de gaz moutarde — un gaz interdit par le Protocole de Genève de 1925, que l'Italie avait signé. Le gaz fut pulvérisé depuis les airs sur les villages, les colonnes de soldats, et même sur les hôpitaux de la Croix-Rouge. En sept mois, l'Éthiopie fut conquise. L'Empereur Hailé Sélassié s'adressa à la Société des Nations (SDN) à Genève dans un discours poignant, dénonçant l'agression fasciste et l'échec de la sécurité collective. « C'est l'Éthiopie aujourd'hui, ce sera vous demain », avertit-il. La SDN — paralysée par les rivalités des grandes puissances — imposa des sanctions économiques timides et inefficaces. Rien ne fut fait pour sauver l'Éthiopie. La guerre d'Abyssinie fut le prélude aux grandes guerres de conquête de l'Axe. Elle démontra l'impuissance de la communauté internationale face à un agresseur fasciste déterminé. Et elle scella le sort de millions d'Africains sous la botte coloniale italienne.

Résumé : La deuxième guerre italo-éthiopienne (1935–1936) fut déclenchée par Mussolini pour venger la défaite italienne d'Adoua (1896) et étendre l'empire colonial italien. L'Italie envahit l'Éthiopie le 3 octobre 1935 avec 500 000 hommes, des chars, des avions, et des gaz toxiques. Les Éthiopiens, menés par l'Empereur Hailé Sélassié, résistèrent héroïquement mais furent écrasés. Addis-Abeba tomba le 5 mai 1936. L'Éthiopie fut annexée à l'Afrique orientale italienne. Hailé Sélassié s'exila en Angleterre. La SDN condamna l'Italie mais n'agit pas. La guerre fit environ 350 000 morts éthiopiens. L'occupation italienne dura jusqu'en 1941, date à laquelle les forces britanniques et les résistants éthiopiens libérèrent le pays.

🦁 « Vaincre à tout prix, et vaincre totalement »

Mussolini rêvait d'un nouvel Empire romain. L'Éthiopie — l'Abyssinie antique, jamais colonisée — était la pièce maîtresse de ce rêve. L'Italie avait déjà tenté de conquérir l'Éthiopie en 1896 et avait subi une défaite humiliante à la bataille d'Adoua — la première fois qu'une armée africaine moderne battait une puissance européenne. Mussolini voulait laver cet affront. Le général Pietro Badoglio fut chargé de l'invasion. Les forces italiennes comprenaient 500 000 hommes, des bombardiers, des chars Fiat, et des gaz toxiques (ypérite — gaz moutarde). En face, l'armée éthiopienne — brave mais désespérément dépassée technologiquement — comptait environ 800 000 hommes, dont beaucoup étaient armés de lances, de boucliers, et de quelques fusils datant du XIXe siècle.

☠️ Les Gaz Toxiques : Un Crime de Guerre Documenté

Mussolini ordonna personnellement l'utilisation de gaz moutarde (ypérite) en Éthiopie, en violation flagrante du Protocole de Genève. Des milliers de bombes au gaz furent larguées sur les troupes éthiopiennes, les villages, les points d'eau, et même les installations médicales de la Croix-Rouge. Le gaz brûlait la peau, aveuglait, et détruisait les poumons. Les soldats éthiopiens, sans masques à gaz, mouraient par milliers dans d'atroces souffrances. L'utilisation du gaz fut délibérée et systématique. Badoglio et son successeur, Rodolfo Graziani, télégraphièrent à Mussolini pour confirmer que les attaques au gaz « brisaient la résistance ». Après la guerre, Graziani déclara : « Le Duce m'a dit : pas de prisonniers. Faites place nette. » L'Italie commit en Éthiopie des crimes de guerre — y compris des massacres de civils et l'utilisation de bombes au gaz — qui préfigurèrent les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

« C'est l'Éthiopie aujourd'hui. Ce sera vous demain. »

— Empereur Hailé Sélassié, devant la Société des Nations, Genève, 30 juin 1936

🎙️ Le Discours de Hailé Sélassié à la SDN

Le 30 juin 1936, l'Empereur Hailé Sélassié — en exil — s'adressa à la Société des Nations à Genève. Son discours fut l'un des plus puissants du XXe siècle. Debout, petit de taille, vêtu d'un costume sombre, le Négus dénonça l'agression fasciste, l'utilisation des gaz toxiques, et l'échec de la communauté internationale : « Je suis venu aujourd'hui pour défendre la cause de mon peuple. Pendant que je parle, des centaines de milliers de mes sujets sont massacrés. Dieu et l'histoire se souviendront de votre jugement. » La SDN — qui comptait parmi ses membres la France et la Grande-Bretagne — écouta, applaudit... et ne fit rien. L'Italie de Mussolini — qui avait quitté la SDN — continua l'occupation. Le discours de Hailé Sélassié reste un monument à la dignité face à l'injustice.

🏴 L'Occupation et la Résistance (1936–1941)

Après la conquête, l'Italie fasciste imposa un régime d'occupation brutal. Le vice-roi Rodolfo Graziani — surnommé « le Boucher de Fezzan » pour ses massacres en Libye — dirigea l'Éthiopie par la terreur. En février 1937, après une tentative d'assassinat contre Graziani à Addis-Abeba, les forces italiennes massacrèrent entre 19 000 et 30 000 civils éthiopiens en trois jours — hommes, femmes, enfants, prêtres — dans ce qui fut appelé le massacre de Yekatit 12. Les Arbegnoch (Patriotes) — les résistants éthiopiens — continuèrent la guérilla dans les montagnes pendant toute l'occupation. En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces britanniques et les combattants éthiopiens libérèrent l'Éthiopie. Hailé Sélassié revint triomphalement à Addis-Abeba le 5 mai 1941.

La Honte de la SDN

« La guerre d'Éthiopie fut le grand test moral de l'entre-deux-guerres — et l'humanité échoua. La Société des Nations, créée pour empêcher ce type d'agression, fut réduite à l'impuissance par la lâcheté des grandes puissances. La France et l'Angleterre, craignant de s'aliéner Mussolini (qu'elles espéraient garder comme allié contre Hitler), sacrifièrent l'Éthiopie sur l'autel de la realpolitik. Les sanctions économiques furent un simulacre — le pétrole, qui aurait paralysé la machine de guerre italienne, ne fut jamais inclus. Mussolini comprit le message : l'Occident ne ferait rien pour défendre un pays africain. Hitler aussi comprit. L'invasion de l'Éthiopie fut le prélude à toutes les agressions à venir. Elle annonça la faillite de l'ordre international et ouvrit la voie à la Seconde Guerre mondiale. »

~350 000
Morts éthiopiens (est.)
500 000
Soldats italiens déployés
7 mois
Durée de la conquête
1936
Fin de l'indépendance

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