Le 3 janvier 2020, peu après minuit, un drone américain MQ-9 Reaper tournait dans le ciel de Bagdad. Sa cible venait d'atterrir à l'aéroport international, à bord d'un vol régulier en provenance de Damas ou de Beyrouth. Il descendit la passerelle, salué par une petite délégation irakienne. Le général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne, l'homme le plus puissant du Moyen-Orient après les chefs d'État, monta dans un véhicule Toyota Avalon avec Abou Mahdi al-Mouhandis, chef des milices chiites irakiennes Kataëb Hezbollah. Le convoi de deux véhicules quitta l'aéroport. Quelques minutes plus tard, quatre missiles Hellfire R9X — des missiles « à couteaux », sans charge explosive, équipés de lames rétractables — frappèrent les véhicules. Les voitures furent littéralement déchiquetées. Les dix occupants furent tués. Le corps de Soleimani ne put être identifié que par la bague qu'il portait au doigt. Donald Trump, président des États-Unis, avait ordonné l'élimination du général le plus célèbre d'Iran.
Résumé : Qassem Soleimani (1957–2020) était le commandant de la Force Qods, l'unité d'élite des Gardiens de la révolution iranienne chargée des opérations extérieures. Il dirigeait la stratégie iranienne en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et en Afghanistan. Il était considéré comme le deuxième homme le plus puissant d'Iran après le Guide suprême Ali Khamenei. Le 3 janvier 2020, il fut tué par une frappe de drone américain à la sortie de l'aéroport de Bagdad, avec Abou Mahdi al-Mouhandis, chef du Hachd al-Chaabi irakien. L'administration Trump justifia l'opération par la « menace imminente » d'attaques contre des Américains. L'assassinat, sans précédent (tuer officiellement un haut responsable militaire d'un État souverain), faillit déclencher une guerre entre les États-Unis et l'Iran. Téhéran riposta le 8 janvier 2020 en tirant des missiles balistiques sur deux bases américaines en Irak (Aïn al-Assad et Erbil), blessant 110 soldats américains (commotions cérébrales), sans en tuer aucun. Un avion de ligne ukrainien (vol PS752) fut abattu par erreur par la DCA iranienne le même jour, tuant 176 passagers.
👤 L'Ombre du Guide
Qassem Soleimani était un mythe vivant en Iran. Né en 1957 dans une famille pauvre de la province de Kerman, il avait rejoint les Gardiens de la révolution à vingt-deux ans. Il fit ses armes pendant la guerre Iran-Irak (1980–1988), où il se distingua par son courage et son génie tactique. En 1998, il fut nommé commandant de la Force Qods — l'unité la plus secrète et la plus redoutée de la République islamique. Pendant vingt-deux ans, il dirigea les opérations clandestines de l'Iran à travers tout le Moyen-Orient. En Irak, il arma et entraîna les milices chiites qui combattirent les Américains après 2003. En Syrie, il sauva le régime de Bachar al-Assad en coordonnant l'intervention du Hezbollah, des milices irakiennes, afghanes et pakistanaises. Au Yémen, il soutint les Houthis. Au Liban, il était le mentor d'Hassan Nasrallah. Pour ses partisans, il était le « martyr vivant » qui libérerait Jérusalem. Pour ses ennemis, il était un maître du terrorisme, responsable de la mort de centaines de soldats américains. Il était si populaire en Iran qu'un sondage le plaçait devant le président Rohani en termes de confiance. Son visage anguleux, sa barbe blanche, son sourire calme et ses yeux perçants le rendaient immédiatement reconnaissable.
📈 L'Escalade
En 2019, les tensions entre Washington et Téhéran atteignirent un point de rupture. Trump s'était retiré de l'accord nucléaire iranien (JCPOA) en 2018, imposant des sanctions maximales. L'Iran riposta par des attaques contre des pétroliers dans le Golfe et des frappes de drones contre les installations pétrolières saoudiennes. En décembre 2019, un contractant américain fut tué par des roquettes tirées par des milices pro-iraniennes en Irak. Des manifestants pro-iraniens attaquèrent l'ambassade américaine à Bagdad. Trump accusa Soleimani d'orchestrer les attaques. Le 2 janvier 2020, le Pentagone présenta au président une option radicale : éliminer Soleimani lui-même. Trump, qui avait refusé des frappes contre l'Iran en juin 2019 après la destruction d'un drone américain, choisit cette fois la ligne dure. L'ordre fut donné. Le drone était prêt.
« Soleimani a été tué pour empêcher une guerre, pas pour en déclencher une. Il préparait des attaques imminentes contre des Américains. Nous l'avons arrêté. »
💥 La Frappe
Le 3 janvier 2020, à 1h06 du matin (heure de Bagdad), le drone MQ-9 Reaper frappa. Le convoi de deux véhicules fut réduit à l'état d'épaves calcinées. La précision de la frappe était chirurgicale : les missiles R9X, conçus pour minimiser les dommages collatéraux, déchiquetèrent les véhicules sans exploser. Soleimani, al-Mouhandis et huit autres personnes furent tués sur le coup. Le corps de Soleimani ne put être identifié que par la bague en cornaline qu'il portait au doigt — un anneau gravé de versets coraniques. Quelques heures plus tard, le Pentagone confirma l'opération. Trump tweeta un simple drapeau américain. La nouvelle fit l'effet d'une bombe. Le monde retint son souffle. L'Iran promit une « vengeance terrible ».
La Riposte Iranienne
« Le 8 janvier 2020, à 1h20 du matin — l'heure exacte de la mort de Soleimani — l'Iran tira 22 missiles balistiques sur deux bases irakiennes abritant des soldats américains : Aïn al-Assad et Erbil. Aucun soldat ne fut tué, mais 110 furent blessés (commotions cérébrales). Le même jour, la DCA iranienne abattit par erreur le vol PS752 d'Ukraine International Airlines au décollage de Téhéran, tuant 176 passagers, principalement des Iraniens et des Canadiens. »
🕯️ Les Funérailles
Le corps de Soleimani fut rapatrié en Iran. Pendant plusieurs jours, des millions d'Iraniens descendirent dans les rues de Bagdad, Najaf, Karbala, Ahvaz, Mashhad, Téhéran et Kerman. Ce furent les plus grandes funérailles de l'histoire de l'Iran moderne. La foule en larmes scandait « Mort à l'Amérique ! Mort à Israël ! » Dans la bousculade à Kerman, 56 personnes périrent écrasées. Soleimani fut enterré dans sa ville natale, aux côtés des « martyrs » de la guerre Iran-Irak. Le Guide suprême Ali Khamenei, qui le considérait comme son « fils spirituel », pleura publiquement sur son cercueil. L'Iran avait perdu son général le plus aimé — et le plus craint.
🤔 Questions Fréquemment Posées
1) Pourquoi Trump a-t-il ordonné la frappe ? Officiellement, pour empêcher des « attaques imminentes » contre des Américains. Les critiques y virent une diversion politique (Trump était en pleine procédure de destitution).
2) L'assassinat était-il légal ? Débattu. L'administration Trump invoqua la légitime défense. Les experts juridiques furent partagés. L'Iran dénonça un « assassinat d'État ».
3) Pourquoi l'Iran n'a-t-il pas déclenché une guerre totale ? L'Iran voulait venger Soleimani sans provoquer une confrontation directe avec les États-Unis, qu'il savait perdante militairement.
4) Qui dirige la Force Qods après Soleimani ? Le général Esmaïl Qaani, ancien adjoint de Soleimani, fut nommé pour lui succéder.
5) Quel impact l'assassinat a-t-il eu sur l'Iran ? La Force Qods reste active, mais la perte de Soleimani fut un coup dur pour le réseau d'influence iranien, qui perdit son stratège le plus brillant.