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🕯️ Sabra et Chatila

Septembre 1982 — Le Massacre des Innocents Sous le Regard de l'Armée Israélienne

Pendant trois jours, du 16 au 18 septembre 1982, les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, dans la banlieue ouest de Beyrouth, furent le théâtre d'un massacre. Des centaines de civils — hommes, femmes, enfants, vieillards — furent tués par des miliciens chrétiens libanais des Forces libanaises, alliés d'Israël. Les miliciens entrèrent dans les camps avec la permission de l'armée israélienne, qui encerclait la zone. Pendant trente-six heures, ils tuèrent. Les soldats israéliens, postés à quelques centaines de mètres, observèrent. Ils éclairèrent les camps la nuit avec des fusées éclairantes. Ils entendirent les tirs. Ils virent les corps. Et ils n'intervinrent pas. Le massacre de Sabra et Chatila est l'une des pages les plus sombres de l'histoire du conflit israélo-arabe — un crime qui souleva l'indignation internationale, provoqua la démission du ministre israélien de la Défense Ariel Sharon, et hante encore la mémoire collective du Moyen-Orient.

Résumé : Le massacre de Sabra et Chatila eut lieu du 16 au 18 septembre 1982 dans deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest, pendant l'occupation israélienne du Liban. Il fut perpétré par des miliciens des Forces libanaises — un groupe chrétien maronite allié à Israël — sous le commandement d'Elie Hobeika. L'armée israélienne, dirigée par le ministre de la Défense Ariel Sharon et le chef d'état-major Rafael Eitan, contrôlait le périmètre des camps et fournit un soutien logistique (fusées éclairantes, accès sécurisé). Le nombre exact de victimes est contesté : la Croix-Rouge palestinienne compta plus de 3 000 morts ; une commission israélienne estima entre 700 et 800 victimes. L'événement provoqua une onde de choc internationale. En Israël, une commission d'enquête (commission Kahan) conclut qu'Ariel Sharon portait une « responsabilité indirecte » et recommanda sa démission. Sharon démissionna du ministère de la Défense mais resta au gouvernement. Elie Hobeika, le chef des miliciens, ne fut jamais jugé. Il fut assassiné à Beyrouth en 2002.

🇱🇧 Contexte : L'Invasion du Liban

En juin 1982, Israël envahit le Liban. L'objectif officiel — l'opération « Paix en Galilée » — était de détruire les bases de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui lançaient des attaques contre le nord d'Israël. L'objectif officieux, porté par Ariel Sharon, était de remodeler le Liban en installant un gouvernement chrétien allié. En quelques semaines, Tsahal atteignit Beyrouth et assiégea l'OLP dans la capitale. Sous la médiation américaine, un accord fut conclu : les combattants de l'OLP évacueraient Beyrouth par la mer, et les civils palestiniens restés dans les camps seraient protégés par des garanties américaines et israéliennes. Yasser Arafat et ses fedayins quittèrent le Liban le 30 août 1982. Les camps de Sabra et Chatila, peuplés de femmes, d'enfants et de vieillards, furent laissés sans défense. Israël s'engagea à ne pas pénétrer dans les camps et à garantir la sécurité des civils.

💀 Les Trois Jours du Massacre

Tout bascula le 14 septembre 1982. Le président libanais élu, Bachir Gemayel — chef des Forces libanaises et allié d'Israël — fut assassiné dans un attentat à la bombe. Israël réagit immédiatement en occupant Beyrouth-Ouest. Le lendemain, Ariel Sharon et Rafael Eitan ordonnèrent aux Forces libanaises d'entrer dans les camps de Sabra et Chatila. L'objectif déclaré était de « nettoyer » les camps des « terroristes » restants. La réalité fut un massacre de civils.

Le soir du 16 septembre, les miliciens entrèrent dans les camps. Pendant trente-six heures, ils tuèrent méthodiquement. Les hommes furent alignés contre les murs et abattus. Les femmes furent violées puis tuées. Les enfants furent massacrés avec leurs parents. Les bulldozers israéliens, selon des témoins, creusèrent des fosses communes et détruisirent des habitations. L'armée israélienne, postée à l'entrée des camps, fournit des fusées éclairantes toute la nuit, illuminant la scène pour les tueurs. Des soldats israéliens rapportèrent à leurs supérieurs qu'ils entendaient des tirs et des cris. Les ordres étaient de ne pas intervenir. Le 18 septembre, les miliciens quittèrent les camps. Ce qu'ils laissaient derrière eux était indescriptible : des corps empilés dans les ruelles, des femmes mortes serrant leurs enfants, des vieillards abattus dans leur sommeil. Les journalistes occidentaux qui pénétrèrent dans les camps le lendemain furent parmi les premiers à témoigner. Leurs images firent le tour du monde.

« J'ai vu des femmes mortes dans leurs maisons, leurs jupes relevées, leurs jambes écartées — des femmes violées puis tuées. J'ai vu des enfants avec la gorge tranchée. J'ai vu un vieil homme abattu dans son lit. Et tout autour des camps, les soldats israéliens regardaient. »

— Témoignage d'un journaliste présent à Sabra et Chatila le 18 septembre 1982

⚖️ La Commission Kahan

En Israël, une commission d'enquête fut établie sous la présidence du juge Yitzhak Kahan. Elle conclut qu'aucun soldat israélien n'avait directement participé au massacre, mais que les autorités israéliennes — en particulier Ariel Sharon — portaient une « responsabilité indirecte » pour ne pas avoir empêché le massacre alors qu'elles savaient ce qui se passait. La commission recommanda la démission de Sharon. Il refusa d'abord, puis démissionna sous la pression massive de l'opinion publique israélienne — 400 000 Israéliens manifestèrent à Tel-Aviv, la plus grande manifestation de l'histoire du pays. Sharon resta néanmoins au gouvernement. Rafael Eitan, le chef d'état-major, fut également blâmé. Les responsables directs du massacre — les miliciens des Forces libanaises — ne furent jamais jugés. Elie Hobeika, leur chef, devint plus tard ministre au Liban. Il fut assassiné en 2002 dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, peut-être en représailles pour Sabra et Chatila — ou pour d'autres raisons politiques libanaises.

La Mémoire des Morts

« Le nombre exact de victimes ne sera jamais connu. La Croix-Rouge palestinienne avança le chiffre de 3 500 morts. Les estimations israéliennes parlent de 700 à 800. Les corps furent enterrés dans des fosses communes, certaines creusées par des bulldozers israéliens sur place. Aujourd'hui, un mémorial à Beyrouth commémore les victimes. Chaque année, des cérémonies sont organisées dans les camps. Pour les Palestiniens, Sabra et Chatila reste l'un des symboles les plus douloureux de leur exil et de leur abandon par la communauté internationale. »

1982
Année du massacre
3
Jours d'horreur
800–3 500
Victimes estimées
0
Jugements

🤔 Questions Fréquemment Posées

1) Pourquoi l'armée israélienne n'est-elle pas intervenue ? Selon la commission Kahan, les ordres de ne pas intervenir venaient du plus haut niveau. Ariel Sharon affirma plus tard qu'il ne pouvait pas prévoir le massacre. La commission conclut toutefois qu'il en portait la responsabilité indirecte.

2) Qui étaient les tueurs ? Des miliciens des Forces libanaises, un groupe chrétien maronite dirigé par Elie Hobeika. Ils étaient armés et encadrés par leurs propres chefs, avec le feu vert logistique israélien.

3) Pourquoi Bachir Gemayel a-t-il été assassiné ? L'attentat fut probablement commandité par les services syriens, opposés à l'alliance entre Gemayel et Israël. Sa mort déclencha la chaîne d'événements menant au massacre.

4) Y a-t-il eu des poursuites judiciaires ? Non. Aucun des responsables directs (miliciens libanais) ni indirects (officiels israéliens) n'a été jugé. Elie Hobeika fut tué avant de pouvoir témoigner.

5) Sabra et Chatila sont-ils considérés comme un génocide ? Juridiquement, non. L'ONU parla de « massacre » et de « crime contre l'humanité » dans ses résolutions, mais le terme de génocide n'a pas été retenu.

1982 (Juin)Israël envahit le Liban. Opération « Paix en Galilée ».
1982 (Août)Évacuation de l'OLP de Beyrouth. Garanties américaines pour les civils.
1982 (14 Sept)Assassinat du président Bachir Gemayel.
1982 (15 Sept)Tsahal occupe Beyrouth-Ouest. Ordre donné aux Forces libanaises.
1982 (16–18 Sept)Massacre de Sabra et Chatila.
1983Commission Kahan. Démission d'Ariel Sharon.

Histoire suivante :

La Nakba Palestinienne de 1948
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