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🇩🇯 L'Indépendance de Djibouti 1977

Le Dernier Territoire Français d'Afrique

Le 27 juin 1977, à minuit, le drapeau bleu-blanc-rouge descendit pour la dernière fois du mât du palais du gouvernement à Djibouti-Ville. Un nouveau drapeau — bleu, vert, blanc, frappé d'une étoile rouge — monta dans le ciel de la Corne de l'Afrique. Le Territoire Français des Afars et des Issas, dernier bastion de l'empire colonial français en Afrique, devenait la République de Djibouti. Un petit pays de 23 000 km², coincé entre l'Éthiopie, la Somalie et la mer Rouge, accédait à l'indépendance après 115 ans de colonisation. Mais derrière la joie des festivités se cachait une réalité amère : Djibouti naissait au cœur d'un des environnements géopolitiques les plus explosifs de la planète.

Résumé : Djibouti, ancienne Côte Française des Somalis (1888-1967) puis Territoire Français des Afars et des Issas (1967-1977), accéda à l'indépendance le 27 juin 1977 sous la présidence d'Hassan Gouled Aptidon. L'indépendance fut obtenue après un référendum (mai 1977) où 99,8 % des électeurs votèrent « oui ». La France conserva une base militaire permanente à Djibouti — sa plus grande base en Afrique.

🌍 Un Territoire Disputé

Djibouti est un carrefour stratégique. Situé sur le détroit de Bab el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge, il contrôle l'une des routes maritimes les plus importantes du monde. Pendant la guerre froide, sa valeur géopolitique était immense. Mais le territoire était aussi au cœur d'un conflit identitaire et régional. Les deux principaux groupes ethniques — les Afars, majoritaires dans le nord, et les Issas (Somalis), majoritaires dans le sud — s'affrontaient pour le pouvoir.

La Somalie indépendante (1960) revendiquait Djibouti comme partie intégrante de son « Grand Somalie ». L'Éthiopie, de son côté, considérait le port de Djibouti comme vital pour son commerce (90 % de son commerce extérieur transitait par là). La France, sous de Gaulle, hésitait à se retirer. En 1967, un premier référendum avait maintenu Djibouti sous souveraineté française, mais dans des conditions contestées (les Afars furent massivement mobilisés pour voter « oui »). Dix ans plus tard, les pressions internationales et les soulèvements locaux rendirent l'indépendance inévitable.

« Djibouti est un petit pays, mais c'est un verrou. Celui qui le contrôle tient la porte de la mer Rouge. »

— Hassan Gouled Aptidon, premier président de Djibouti
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🗳️ Le Référendum de 1977 et la Naissance d'une Nation

Le 8 mai 1977, 99,8 % des Djiboutiens votèrent pour l'indépendance. Le résultat était sans équivoque. Le 27 juin 1977, Hassan Gouled Aptidon, leader du mouvement populaire, devint le premier président de la République. La France, pragmatique, négocia le maintien de sa base militaire — 5 000 soldats français restèrent stationnés à Djibouti. C'était le prix à payer pour stabiliser un État fragile entre deux voisins expansionnistes.

La Base Française Aujourd'hui : Près de 50 ans après l'indépendance, la France maintient toujours 1 500 soldats à Djibouti — sa plus grande base militaire à l'étranger. L'armée américaine, chinoise et japonaise y possèdent également des bases.

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📝 L'Héritage de l'Indépendance

Hassan Gouled Aptidon dirigea Djibouti pendant 22 ans (1977-1999), instaurant un régime à parti unique. Son neveu, Ismaïl Omar Guelleh, lui succéda et dirige encore le pays aujourd'hui. Djibouti a su tirer profit de sa position stratégique : le port de Doraleh est l'un des plus modernes d'Afrique, et les bases militaires étrangères rapportent des revenus substantiels. Mais la pauvreté, le chômage et la répression politique restent des défis majeurs. Djibouti, le dernier-né des États africains francophones, continue de naviguer entre les puissances mondiales, comme il l'a toujours fait.

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