Le 3 novembre 1956, pendant la crise de Suez, l'armée israélienne occupa la bande de Gaza. Dans la ville de Khan Younis et le camp de réfugiés adjacent, des soldats israéliens procédèrent à des exécutions sommaires de civils palestiniens. Selon les témoignages des survivants et le rapport du directeur de l'UNRWA, environ 275 hommes et adolescents furent alignés contre les murs, abattus ou tués à la baïonnette. Les corps furent enterrés dans des fosses communes. L'armée israélienne affirma qu'elle avait été confrontée à une résistance armée, mais les enquêtes de l'ONU et les témoignages des réfugiés contredirent cette version. Le massacre de Khan Younis, moins connu que celui de Sabra et Chatila (1982) ou de Deir Yassin (1948), reste l'une des pages les plus sombres de l'occupation israélienne de Gaza.
Résumé : Le 3 novembre 1956, au lendemain de l'occupation de Gaza par Tsahal dans le cadre de la crise de Suez, des soldats israéliens procédèrent à des exécutions massives dans la ville de Khan Younis et son camp de réfugiés. Selon le rapport du directeur de l'UNRWA, Henry Labouisse, 275 civils palestiniens furent tués — « des réfugiés, tous sans arme, furent abattus par les soldats israéliens ». Un autre massacre similaire eut lieu à Rafah le 12 novembre, faisant 111 morts. Les autorités israéliennes nièrent les accusations, affirmant que les soldats avaient riposté à des tirs. Mais les témoignages de survivants et de Casques bleus de l'ONU corroborèrent les faits. Le massacre de Khan Younis resta largement ignoré pendant des décennies, jusqu'à ce que les travaux d'historiens israéliens (notamment Benny Morris) et les archives déclassifiées en confirment l'ampleur.
⏳ Contexte : La Crise de Suez
En octobre 1956, Israël, la France et le Royaume-Uni lancèrent une opération militaire coordonnée contre l'Égypte de Nasser, qui avait nationalisé le canal de Suez. Israël attaqua le 29 octobre, envahissant le Sinaï et la bande de Gaza, alors sous administration égyptienne. Gaza était une zone densément peuplée de réfugiés palestiniens — ceux qui avaient été chassés ou avaient fui pendant la guerre de 1948. L'armée israélienne, commandée par Moshe Dayan, occupa rapidement la bande côtière. Le 2 novembre, Khan Younis tomba. Ce qui suivit, le 3 novembre, allait marquer la mémoire palestinienne de Gaza pour des générations.
💔 Les Exécutions
Selon les témoignages recueillis par l'UNRWA et les enquêteurs de l'ONU, les soldats israéliens rassemblèrent les hommes palestiniens de Khan Younis, les firent s'aligner contre les murs des maisons et les exécutèrent par groupes. Des survivants décrivirent des scènes d'horreur : des adolescents traînés hors de leurs maisons, des pères abattus devant leurs enfants, des corps laissés dans les rues pendant des jours. Dans certains cas, les soldats utilisèrent des baïonnettes pour achever les blessés. Le directeur de l'UNRWA, Henry Labouisse, écrivit dans son rapport au secrétaire général de l'ONU : « Le 3 novembre, 275 personnes furent tuées à Khan Younis. Des réfugiés, tous sans arme. » Un massacre similaire eut lieu à Rafah le 12 novembre 1956, faisant 111 morts supplémentaires. Les deux massacres furent documentés par les Casques bleus de la FUNU (Force d'urgence des Nations Unies) déployée après le cessez-le-feu.
« Des hommes furent alignés contre les murs de leurs propres maisons et abattus. Des adolescents furent traînés hors des abris et exécutés. Pendant des jours, les corps restèrent dans les rues, interdits d'être enterrés par leurs familles. »
🤐 Le Silence et la Mémoire
Le massacre de Khan Younis fut largement ignoré par la presse internationale de l'époque, focalisée sur la crise de Suez et la confrontation Est-Ouest. Israël nia les faits pendant des décennies. L'historien israélien Benny Morris, dans ses travaux sur les réfugiés palestiniens, confirma l'ampleur des massacres de 1956 à partir des archives de Tsahal et des documents de l'ONU. En 2021, la chercheuse israélienne Efrat Ben-Ze'ev publia une étude approfondie sur la mémoire du massacre à Khan Younis, montrant comment l'événement s'était transmis de génération en génération dans les familles palestiniennes de Gaza. Contrairement à Deir Yassin (1948) ou Sabra et Chatila (1982), Khan Younis n'a jamais acquis le statut de symbole international. Mais pour les Palestiniens de Gaza, c'est une date gravée dans la mémoire collective — le jour où l'occupation israélienne montra son visage le plus brutal.
Un Massacre Oublié
« Khan Younis 1956 est l'un des nombreux massacres oubliés du conflit israélo-palestinien. Il ne figure pas dans les manuels scolaires israéliens. Il n'est que rarement évoqué dans les médias internationaux. Mais pour les familles de Gaza, les noms des 275 victimes sont conservés dans les mémoires, transmis de parents à enfants comme un témoignage de ce que l'occupation peut infliger aux civils désarmés. »
🤔 Questions Fréquemment Posées
1) Pourquoi le massacre a-t-il eu lieu ? Le prétexte israélien était la recherche de fedayins palestiniens. Mais l'ampleur des exécutions indique une volonté de terreur collective contre la population civile.
2) Comment le nombre de victimes est-il connu ? Le rapport du directeur de l'UNRWA Henry Labouisse, basé sur les enquêtes de terrain de l'agence, reste la source principale. L'historien Benny Morris a confirmé ces chiffres.
3) Y a-t-il eu des poursuites ? Non. Aucun soldat israélien n'a été poursuivi pour ces massacres.
4) Pourquoi le massacre est-il moins connu que Sabra et Chatila ? Il eut lieu en 1956, à une époque de moindre couverture médiatique, et fut éclipsé par la crise de Suez. Sabra et Chatila (1982) bénéficièrent d'une couverture télévisée massive.
5) Quel est l'héritage de Khan Younis à Gaza ? Le massacre est commémoré chaque année dans les camps de réfugiés. Il nourrit la mémoire collective palestinienne et la méfiance envers l'armée israélienne.