Le 27 juin 1976, le vol Air France 139 décolla de Tel-Aviv à destination de Paris via Athènes. À bord, 248 passagers et 12 membres d'équipage. Peu après l'escale athénienne, quatre terroristes — deux Allemands de la fraction Armée rouge et deux Palestiniens du FPLP — détournèrent l'Airbus A300. Ils exigèrent la libération de 53 prisonniers détenus en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne. L'avion fut d'abord posé à Benghazi, en Libye, puis à Entebbe, en Ouganda, où le dictateur Idi Amin Dada offrit refuge et soutien aux pirates. Les otages furent entassés dans le vieux terminal de l'aéroport. Les passagers juifs et israéliens furent séparés des autres, une sélection qui fit ressurgir les fantômes de la Shoah. Israël refusa de négocier. Le 4 juillet, à minuit, un commando de Tsahal atterrit à Entebbe. En 90 minutes, les soldats israéliens neutralisèrent les terroristes, détruisirent les MiG ougandais et libérèrent 102 otages. Un seul soldat israélien fut tué : le commandant de l'opération, le lieutenant-colonel Jonathan « Yoni » Netanyahou, frère aîné du futur Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Résumé : L'opération Entebbe (nom de code : « Coup de Tonnerre ») fut un raid militaire israélien mené dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976 pour libérer 102 otages détenus à l'aéroport d'Entebbe, en Ouganda. Le vol Air France 139 avait été détourné le 27 juin par des terroristes du FPLP et de la Fraction armée rouge. Le dictateur ougandais Idi Amin Dada collabora avec les preneurs d'otages. Après une préparation intensive basée sur les plans de l'aéroport fournis par une entreprise israélienne qui l'avait construit, quatre avions C-130 Hercules transportant 200 commandos parcoururent 4 000 km jusqu'en Ouganda. Les soldats prirent le terminal d'assaut, tuèrent les sept terroristes et 45 soldats ougandais, et détruisirent 11 MiG au sol. 102 otages furent libérés (4 autres otages furent tués ou étaient déjà morts). Le commandant de l'unité, Yoni Netanyahou, fut le seul soldat israélien tué. L'opération est considérée comme l'un des raids de sauvetage les plus audacieux de l'histoire militaire.
✈️ Le Détournement
Le vol AF139 d'Air France quitta Tel-Aviv le dimanche 27 juin 1976 à 12h30, avec 248 passagers à bord. L'Airbus A300 fit escale à Athènes. Quatre passagers — deux Allemands (Wilfried Böse et Brigitte Kuhlmann) et deux Palestiniens — embarquèrent avec de faux passeports. Peu après le décollage d'Athènes, ils se levèrent, brandirent des pistolets et des grenades, et prirent le contrôle de l'appareil. Les pilotes furent contraints de mettre le cap sur Benghazi (Libye), où l'avion se ravitailla, puis sur Entebbe (Ouganda). À l'arrivée, six autres terroristes rejoignirent le groupe. Le dictateur Idi Amin Dada, qui sympathisait avec la cause palestinienne, les accueillit personnellement et leur fournit des soldats ougandais pour garder l'aéroport. Les otages furent rassemblés dans le vieux terminal. Les pirates annoncèrent leurs exigences : la libération de 53 détenus, dont 40 en Israël. La date limite fut fixée au 1er juillet, puis repoussée au 4 juillet.
🕵️ La Préparation
Israël refusa catégoriquement de négocier — une ligne de conduite qui reste la politique israélienne jusqu'à aujourd'hui. Le Premier ministre Yitzhak Rabin chargea Tsahal de préparer une opération de sauvetage. Les chances de succès semblaient minces : Entebbe était à 4 000 km d'Israël, en plein cœur de l'Afrique, défendu par l'armée ougandaise. Mais les planificateurs israéliens découvrirent un atout inespéré : l'aéroport d'Entebbe avait été construit par une entreprise israélienne, Solel Boneh, qui possédait encore les plans détaillés. Mieux : des otages libérés (les non-juifs et non-israéliens relâchés par les terroristes le 30 juin) purent fournir des informations précieuses sur la disposition du terminal, le nombre de terroristes et de gardes ougandais. Le plan fut monté en 48 heures. Quatre avions C-130 Hercules transporteraient 200 commandos d'élite de Sayeret Matkal, l'unité de reconnaissance de l'état-major. L'opération fut baptisée « Coup de Tonnerre ».
« Nous savions que c'était une mission presque impossible. Mais nous savions aussi que ces otages n'avaient personne d'autre. Si Israël ne venait pas les chercher, personne ne viendrait. »
⚡ Le Raid
Le 3 juillet 1976 à 15h30, les quatre Hercules décollèrent de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï occupé. Ils volèrent à très basse altitude pour éviter les radars égyptiens et saoudiens. Après sept heures de vol, ils atterrirent à Entebbe à 23h00, heure locale. La piste était plongée dans l'obscurité — les commandos atterrirent aux instruments. Une Mercedes noire, identique à la voiture officielle d'Idi Amin Dada, fut débarquée du premier avion pour tromper les gardes ougandais. Le commando Yoni Netanyahou mena l'assaut sur le terminal. Les soldats israéliens crièrent en français aux otages de se coucher — un détail qui sauva des vies. En 90 minutes, les sept terroristes et 45 soldats ougandais furent tués. Les MiG ougandais alignés sur le tarmac furent détruits. Les 102 otages encore détenus (trois furent tués dans les échanges de tirs, et une otage malade, Dora Bloch, avait été transférée à l'hôpital et fut assassinée plus tard par les Ougandais) furent embarqués à bord des Hercules. À 00h30, les avions décollèrent pour Nairobi, puis Tel-Aviv. Le seul soldat israélien tué fut le lieutenant-colonel Yoni Netanyahou, touché par balle alors qu'il menait ses hommes vers le terminal.
Le Sacrifice de Yoni Netanyahou
« Jonathan Netanyahou avait 30 ans. Diplômé d'Harvard, poète à ses heures, il était l'un des officiers les plus brillants de Tsahal. Il prit une balle dans la poitrine en couvrant l'avancée de ses hommes. Évacué vers Nairobi, il y fut déclaré mort. Son frère cadet, Benjamin, alors étudiant au MIT, consacrerait sa vie à perpétuer sa mémoire. Le nom de Yoni Netanyahou est aujourd'hui gravé dans la mémoire nationale israélienne. L'opération fut officiellement rebaptisée 'Opération Yonatan' en son honneur. »
🌍 L'Héritage
L'opération Entebbe stupéfia le monde. Dans un contexte où le terrorisme aérien était en recrudescence, le raid israélien envoya un message clair : aucune distance n'était trop grande, aucune cachette trop sûre. Les preneurs d'otages furent tués, l'armée ougandaise humiliée, les otages libérés. Idi Amin Dada, furieux, aurait ordonné le meurtre de Dora Bloch (retrouvée morte, son corps brûlé) et de plusieurs civils kényans en Ouganda. Mais sa crédibilité était ruinée. Il fut renversé en 1979. Le raid d'Entebbe inspira des générations de forces spéciales dans le monde entier. Il démontra qu'un État pouvait — et devait — tout tenter pour sauver ses citoyens. Aujourd'hui encore, les écoles militaires du monde entier étudient Entebbe comme un modèle de planification et d'exécution.
🤔 Questions Fréquemment Posées
1) Pourquoi Idi Amin Dada a-t-il aidé les terroristes ? Amin, dictateur ougandais, avait rompu avec Israël en 1972 et s'était rapproché de la Libye et des Palestiniens. Il voyait dans le détournement une occasion de se poser en leader anti-impérialiste.
2) Tous les otages ont-ils survécu ? Quatre otages furent tués : trois dans le terminal pendant l'assaut, et Dora Bloch, une femme âgée qui avait été transférée à l'hôpital avant le raid et fut assassinée par les Ougandais en représailles.
3) Comment Israël a-t-il obtenu les plans de l'aéroport ? L'aéroport d'Entebbe avait été construit par l'entreprise israélienne Solel Boneh, qui possédait encore les plans. Les otages libérés avant le raid fournirent aussi des informations.
4) Y a-t-il eu des conséquences diplomatiques ? L'Ouganda et plusieurs pays africains rompirent avec Israël. Mais le Kenya, qui avait discrètement soutenu le raid, renforça ses liens avec Israël. L'ONU condamna mollement l'opération.
5) L'opération a-t-elle inspiré des films ? Oui, plusieurs films : "Raid on Entebbe" (1977), "Opération Thunderbolt" (1977), et "Entebbe" (2018). Le rôle de Yoni Netanyahou est central dans ces récits.