Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon, chef de l'opposition israélienne, se rendit sur l'Esplanade des Mosquées (Mont du Temple) à Jérusalem, entouré de centaines de policiers. Cette visite, perçue comme une provocation délibérée par les Palestiniens, mit le feu aux poudres. Le lendemain, les manifestations dégénérèrent en affrontements sanglants. La Seconde Intifada — ou Intifada al-Aqsa — venait de commencer. Mais contrairement à la Première Intifada, ce ne furent pas des pierres qui devinrent l'arme du soulèvement. Ce furent les attentats-suicides. Pendant cinq ans, des kamikazes palestiniens se firent exploser dans des bus, des cafés, des restaurants, des hôtels israéliens, tuant plus de 1 000 civils. Israël répondit par des incursions militaires massives, des assassinats ciblés, des couvre-feux, et la construction d'un mur de séparation en Cisjordanie. La Seconde Intifada fit environ 4 000 morts — 3 000 Palestiniens et 1 000 Israéliens. Elle brisa le processus de paix et enterra les espoirs nés des Accords d'Oslo.
Résumé : La Seconde Intifada (Intifada al-Aqsa) fut un soulèvement palestinien qui opposa, de septembre 2000 à février 2005, les factions armées palestiniennes (Hamas, Djihad islamique, Brigades des martyrs d'al-Aqsa, Tanzim du Fatah) à l'armée israélienne. Déclenchée par la visite controversée d'Ariel Sharon sur l'Esplanade des Mosquées, elle se distingua de la Première Intifada par l'usage massif des attentats-suicides contre des civils israéliens (environ 150 attentats, faisant 1 000 morts). Israël riposta par l'opération « Rempart » (2002) en Cisjordanie, des assassinats ciblés de dirigeants palestiniens (Cheikh Yassine, Abou Ali Moustafa), et la construction du mur de séparation. Le bilan humain s'élève à environ 3 000 Palestiniens tués (dont de nombreux civils) et 1 000 Israéliens tués. L'Intifada s'essouffla après la mort de Yasser Arafat (novembre 2004) et le sommet de Charm el-Cheikh (février 2005), qui officialisa la trêve.
🕌 L'Étincelle : La Visite de Sharon
Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon, alors chef du Likoud, annonça qu'il se rendrait sur l'Esplanade des Mosquées (appelée Mont du Temple par les Juifs). Ce lieu, troisième lieu saint de l'islam et lieu le plus sacré du judaïsme, était l'épicentre symbolique du conflit. Les Palestiniens y virent une provocation délibérée — d'autant que Sharon, ancien ministre de la Défense, était considéré comme responsable des massacres de Sabra et Chatila (1982) et comme l'architecte de la colonisation. Sa visite, autorisée par le gouvernement Barak, se déroula sous haute protection policière. Aucun incident n'eut lieu ce jour-là. Mais le lendemain, vendredi 29 septembre, les manifestations qui suivirent la prière à Al-Aqsa dégénérèrent. La police israélienne tira à balles réelles sur les manifestants. Sept Palestiniens furent tués. L'engrenage de la violence était enclenché.
💣 La Guerre des Attentats-Suicides
Contrairement à la Première Intifada, qui était une révolte populaire de masse, la Seconde Intifada fut rapidement dominée par les factions armées et leurs tactiques terroristes. Le Hamas, le Djihad islamique et les Brigades des martyrs d'al-Aqsa (liées au Fatah) lancèrent une campagne d'attentats-suicides sans précédent. Les cibles étaient des civils israéliens, dans les bus, les cafés, les centres commerciaux, les discothèques. Le 1er juin 2001, un kamikaze du Hamas se fit exploser à l'entrée de la discothèque Dolphinarium de Tel-Aviv, tuant 21 adolescents israéliens. Le 27 mars 2002, un attentat à l'hôtel Park de Netanya tua 30 personnes pendant le seder de Pessah (Pâque juive) — l'attaque la plus meurtrière de l'Intifada. Au total, environ 150 attentats-suicides furent commis, tuant plus de 1 000 civils israéliens.
« Chaque matin, nous allumions la radio en retenant notre souffle. Où le bus avait-il explosé aujourd'hui ? Quel café ? Quel marché ? La mort était partout, imprévisible, aveugle. »
🛡️ La Riposte Israélienne
Face à la vague d'attentats, le gouvernement israélien d'Ariel Sharon (élu Premier ministre en février 2001) lança une série d'opérations militaires massives. La plus importante fut l'opération « Rempart » (mars-avril 2002) : Tsahal réoccupa les principales villes palestiniennes de Cisjordanie — Ramallah, Naplouse, Jénine, Bethléem — et imposa des couvre-feux prolongés. Le camp de réfugiés de Jénine fut particulièrement touché : des combats acharnés firent 52 Palestiniens et 23 soldats israéliens. Israël pratiqua aussi la politique des « assassinats ciblés » : des dirigeants palestiniens furent éliminés par des frappes aériennes, notamment Cheikh Ahmed Yassine (fondateur du Hamas) en mars 2004, et son successeur Abdelaziz al-Rantissi un mois plus tard. En 2002, Israël commença la construction du mur de séparation en Cisjordanie — officiellement pour empêcher les infiltrations de kamikazes, officieusement comme future frontière annexant de facto une partie du territoire palestinien.
Le Mur
« En 2002, Israël commença à ériger une barrière de béton et de barbelés en Cisjordanie. Long de plus de 700 km, ce mur, déclaré illégal par la Cour internationale de justice en 2004, suit rarement la Ligne verte. Il serpente à l'intérieur de la Cisjordanie, annexant de facto les colonies juives et isolant des villages palestiniens. Les attentats-suicides diminuèrent — mais le mur devint le symbole de la séparation et de l'occupation. »
🕊️ La Fin de l'Intifada
En novembre 2004, Yasser Arafat mourut à l'hôpital militaire de Percy, près de Paris. Sa disparition, après trois ans de réclusion forcée dans la Mouqata'a de Ramallah, ouvrit une période d'incertitude. Mahmoud Abbas, son successeur à la tête de l'OLP et de l'Autorité palestinienne, était un modéré opposé à la violence. Il négocia une trêve avec Ariel Sharon. Le 8 février 2005, le sommet de Charm el-Cheikh officialisa la fin de l'Intifada. Le Hamas et le Djihad islamique acceptèrent une hudna (trêve tacite). Quelques mois plus tard, en août 2005, Israël évacua unilatéralement la bande de Gaza — retirant ses 8 000 colons et ses troupes. La Seconde Intifada avait coûté 4 000 vies. Elle avait détruit la confiance entre les deux peuples. Elle avait échoué à mettre fin à l'occupation. Mais elle avait aussi, paradoxalement, créé les conditions de la politique d'Ariel Sharon — retrait unilatéral, mur de séparation — qui allait redessiner le paysage du conflit.
🤔 Questions Fréquemment Posées
1) Quelle est la différence entre les deux Intifadas ? La Première (1987–1993) fut populaire, avec jets de pierres et désobéissance civile. La Seconde (2000–2005) fut militarisée, dominée par les attentats-suicides.
2) Qui a commencé la Seconde Intifada ? Chaque camp accuse l'autre. La visite de Sharon fut le déclencheur immédiat, mais les causes profondes incluent l'échec de Camp David (2000) et la frustration palestinienne face à la poursuite de l'occupation.
3) Quel fut le rôle d'Arafat ? Débat complexe. Arafat ne contrôlait pas directement les factions armées, mais il ne fit pas assez, selon Israël, pour arrêter les attentats. Il fut confiné dans son QG de Ramallah de 2001 à sa mort en 2004.
4) Le mur a-t-il stoppé les attentats ? Oui. Le nombre d'attentats-suicides diminua drastiquement après sa construction. Mais le mur est aussi un outil d'annexion territoriale.
5) La Seconde Intifada a-t-elle changé la politique israélienne ? Oui. Elle convainquit Ariel Sharon de renoncer à ses idées de « Grand Israël » et d'adopter le retrait unilatéral de Gaza et la construction du mur.