Le 4 décembre 1872, le capitaine David Morehouse, à bord du Dei Gratia, aperçoit un brigantin à la dérive dans l'Atlantique, au large des Açores. Les voiles sont partiellement hissées. Le navire semble avancer de façon erratique. Aucun signal. Aucun pavillon de détresse. Morehouse envoie une équipe d'abordage. Ce qu'ils découvrent à bord les glace d'effroi. Le Mary Celeste est en parfait état de navigabilité. La cargaison — 1701 barils d'alcool industriel — est intacte. Les provisions pour six mois sont dans la cale. La table de la cabine du capitaine est dressée pour un repas. Du thé encore tiède. La pipe du capitaine est posée sur son bureau. Son journal de bord s'arrête le 24 novembre, dix jours plus tôt. Sa montre, son épée, l'argent du bord, les bijoux de sa femme — tout est à sa place. Mais le capitaine Benjamin Briggs, sa femme Sarah, leur fille Sophia (2 ans) et les sept membres d'équipage ont disparu. Comme évaporés. La seule chose qui manque : le canot de sauvetage. Mais pourquoi dix personnes auraient-elles abandonné précipitamment un navire en parfait état ?
Résumé : Le Mary Celeste, brigantin américain, quitte New York le 7 novembre 1872 pour Gênes avec 10 personnes à bord. Le 4 décembre, il est retrouvé abandonné au large des Açores par le Dei Gratia. Le navire est intact, la cargaison d'alcool préservée, les effets personnels de l'équipage en place. Le canot de sauvetage manque. Personne ne sait pourquoi l'équipage a évacué le navire. Aucun corps n'a jamais été retrouvé. L'enquête de l'Amirauté britannique n'a jamais pu déterminer la cause de l'abandon.
🧪 L'Hypothèse de l'Alcool
La théorie la plus plausible fut avancée en 2006 par la chimiste Andrea Sella. Les 1701 barils d'alcool industriel (éthanol) transportés dans la cale auraient pu fuir. Les vapeurs d'éthanol, invisibles et odorantes, se seraient accumulées. Une étincelle — peut-être de la pompe de cale — aurait provoqué une petite explosion ou un "whoosh" de flammes bleues, silencieux mais terrifiant. Le capitaine Briggs, craignant une explosion catastrophique imminente, aurait ordonné l'évacuation immédiate dans le canot de sauvetage. Le canot, amarré au Mary Celeste par une corde, devait attendre que les vapeurs se dissipent. Mais la corde se serait rompue. Le Mary Celeste, poussé par le vent, se serait éloigné. Le canot, avec dix personnes à bord, aurait dérivé dans l'Atlantique jusqu'à ce que tous meurent de soif et de faim. Cette théorie explique tous les détails : l'abandon précipité, le navire intact, le canot manquant, l'absence de corps.
"Le Mary Celeste ne fut pas maudit. Il fut victime d'une réaction en chaîne de circonstances malheureuses — une fuite, une étincelle, une panique, et une corde qui lâche."